On se doutait que le prochain capitaine
du Grand Théâtre devrait avoir une solide
expérience lyrique. C'est une des raisons qui a
décidé Ville et Fondation de porter leur
choix sur le Suisse Tobias Richter, qui fait une belle
carrière en Allemagne depuis plus de onze ans.
On aurait donc souhaité, vu l'importance que revêt
cette nomination dans les turbulences récentes
de l'Opéra genevois, un accueil plus à la
hauteur de l'événement. C'est presque à
la sauvette que s'est déroulée la conférence
de presse éclair, convoquée hier matin,
pour présenter le nouveau patron lyrique de l'institution.
Il est vrai qu'il n'est pas besoin, pour les lyricomanes
de longue date, de présenter Tobias Richter, attaché
à Genève depuis l'enfance, et à son
opéra depuis l'âge de 19 ans (lire nos éditions
d'hier). Professionnel aguerri aux réalités
tant politiques que financières, sociales ou artistiques
tout au long des treize ans qu'il aura accompli, à
la fin de son mandat en juin 2009, à la tête
du Deutsche oper am Rhein, Tobias Richter arrive à
Genève avec l'aura d'un directeur efficace. Il
livre ses premiers commentaires.
Comment analysez-vous la situation genevoise?
Evidemment, les équipes ont changé
depuis que je fréquentais la maison en 1972, et
il va falloir que je reprenne la mesure de l'énergie
et du potentiel de travail des troupes. Mais j'ai toujours
suivi l'évolution du Grand Théâtre
depuis l'étranger. Et les problèmes récents
semblent trouver une issue que nous allons nous attacher
à consolider avec une équipe neuve, composée
d'anciens et de nouveaux, tous poussés par la motivation
d'avancer ensemble.
Quelles solutions préconisez-vous pour
assurer la stabilité financière de l'institution?
Il va falloir beaucoup travailler avec un service
renforcé et professionnalisé de marketing,
de recrutement de fonds et de stratégie en communication.
Et s'employer à réanimer les partenaires
publics et privés en séduisant de nouveaux
interlocuteurs.
Allez-vous mettre en scène des spectacles?
Non, cela demande trop de dépense de concentration
et de forces, tant mentales que physiques.
Et continuerez-vous de diriger le festival du
Septembre musical de Montreux-Vevey?
Il faut y réfléchir. Je l'ai fait
sans problème en ayant la responsabilité
des deux scènes de Duisbourg et Düsseldorf,
avec tout ce que cela implique. La promiscuité
valdo-genevoise devrait permettre des synergies et des
projets intéressants.